06 avril 2006
L'"esthetisation" de la souffrance
RecueillementSois sage, ô ma Douleur, et tiens-toi plus tranquille. |
Spleen : Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercleQuand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle |
J’ai toujours aimé Beaudelaire et ses atmosphères spleenesques ! J’intervenais hier soir lors d’une réunion, où le thème était notre difficulté à nous associer véritablement avec d’autres êtres humains, à cause entre autre de notre égoïsme et de notre égocentrisme. C’est alors qu’un des membres s’est levé pour parler du piège de l’esthétisation de la souffrance. Dans son excellent livre relatant sa dépression, Philippe Labro nous montre que dans la phase active de la dépression, tout se ramène à son nombril d’où l’extrême difficulté à communiquer avec le monde qui nous entoure. Et c’est dans cet enfermement, ce repli sur soi que je peux me masturber sur ma souffrance, sur l’incompréhension, sur l’hostilité du dehors…Je me ligote tout seul. La dépression est une vraie maladie. La souffrance en est le mesaager, seulement le messager, et non pas un objet de culte. Quelqu’un m’a demandé l’autre jour, ça serait quoi pour toi être « guéri » ?
Pour moi ? C’est quand je serai capable de prendre la souffrance pour ce qu’elle est, sans me mirer dans ses eaux troubles.
Commentaires
Beaudelaire
Depuis le collège Beaudelaire est mon compagnont de souffrance, ces poèmes sont encore plus noire, plus sombre que mon mal et je m'y retrouve totalement.
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